En petits morceaux

Mon blogue, ce n'est pas un blogue, etc. (2)

Lundi 10 mars 2008 à 21:14 | Et ce n'est pas tout

Simon commente :

Il n'y a rien là, on voit encore le numéro de porte.

Aaah, bin fallait simplement patienter un peu. Maintenant, on ne le voit plus.

Commentaires3 commentaires

Troll

Jeudi 28 février 2008 à 13:02 | Et ce n'est pas tout

Ils sont comiques, au Devoir. De toute évidence, on s'est dit là-bas que le mois de février avait été bien plate et qu'on voulait que mars bouge un peu plus.

Dans cette optique, la publication du texte « Angliciser le Québec », signé par Roberto Campeón et Emanuel Dion-Goudreau, a dû s'imposer comme moyen le plus efficace de taper sur le nid de guêpes et de réveiller le personnel assoupi dans la salle de rédaction.

J'ai bien hâte de lire les réactions et de compter les points Godwin.

CommentairesVos commentaires

Imaginez une semaine

Lundi 14 janvier 2008 à 16:08 | Et ce n'est pas tout

Hélas, même le très bon bouquin dans lequel j'étais plongé ce midi à la cafétéria ne m'a pas empêché d'entendre la conversation suivante, tenue à une table voisine  :

Lui 1 : Eille, c'est quoi dans ton plat la petite affaire en forme de gosse?

Lire la suite...

Commentaires10 commentaires

Distraction brownienne

Mercredi 12 décembre 2007 à 18:31 | Et ce n'est pas tout

J'observe longuement la chute d'une multitude de flocons de neige. J'ai une impression d'intense chaos ambiant. Je me sens, par contraste, parfaitement ordonné, immobile, simple.

Lorsqu'une subite bourrasque vient augmenter l'entropie du paysage, je comprends ce qu'éprouve un plat à l'épreuve des micro-ondes.

Commentaires2 commentaires

Goélands

Mardi 2 octobre 2007 à 17:01 | Et ce n'est pas tout

Magnifique spectacle, au moment où mon express est entré sur l'autoroute, que ce vol de goélands dans le soleil du petit matin.

À contre-jour, on ne voyait d'eux que des petits « v » sombres. J'ai compté une vingtaine d'individus alignés en un seul rang bien régulier. Ils planaient gracieusement, sans un battement d'aile, une dizaine de mètres au-dessus du toit des Galeries Charlesbourg, tout en légèreté et en noblesse.

Pendant un court instant, ils ont paru immobiles, comme suspendus dans le vide. D'où je me trouvais, la composition était parfaite; avec la lumière froide et les petites spirales de vapeur pâle s'échappant des cheminées en dessous, on eut dit du Sisley.

Et puis, sans crier gare, tout le groupe a plongé, disparaissant en une fraction de seconde et me rappelant brutalement la présence d'un McDonald's au coin 41e rue et 1ère avenue.

CommentairesVos commentaires

Génie civil

Lundi 1 octobre 2007 à 15:19 | Et ce n'est pas tout

Vu du bus ce matin sur Robert-Bourassa : un employé de chantier portant un casque de sécurité jaune sur lequel était écrit « BORN TO KILL » en grosses lettres carrées, avec un signe peace, comme dans le film de Kubrick.

CommentairesVos commentaires

Jeûne vieux

Jeudi 13 septembre 2007 à 14:11 | Et ce n'est pas tout

Le mois de Ramadan commence aujourd'hui pour les Québécois concernés. M*** n'ira donc pas dîner au resto avec ses collègues habituels d'ici le 12 octobre.

— Oh, dit l'un des collègues en question, vaguement compatissant.

— Ça va, c'est très supportable, répond le principal intéressé. En fait, c'est une période de grande diversité de menus à la maison, j'aime bien.

— Au moins, interviens-je, les jours raccourcissent, le soleil ne se couche pas trop tard, hein.

Il me fait remarquer que dans deux ans, le mois de Ramadan commencera en août (le calendrier musulman est onze ou douze jours plus court que le grégorien). Il fait alors une pause, regarde un peu dans le vide et esquisse un vague sourire.

— La dernière fois que Ramadan a commencé en août, c'était il y a plus de trente ans. Je m'en rappelle, j'étais tout petit, je ne le faisais pas encore.

Il fronce les sourcils, son sourire disparaît.

— Putain je me sens vieux.

Commentaires1 commentaire

Dernier recours

Vendredi 10 août 2007 à 22:16 | Et ce n'est pas tout

Le poids du monde (3)

Sur la banquette qui me fait face, il y a une femme dans la trentaine avancée, plutôt laide, tristement coiffée et habillée d'un survêtement de jogging qui la rend difforme. Son visage, trop ridé pour son âge, porte de nombreuses cicatrices; son nez, de toute évidence, a déjà été cassé. Un gros sac à main en vinyle craquelé est posé sur ses cuisses et lui sert de lutrin. La bouche légèrement entrouverte, elles est plongée dans Guérir avec l'aide des anges.

Commentaires2 commentaires

Le poids du monde (2)

Mercredi 8 août 2007 à 22:12 | Et ce n'est pas tout

J'entre au casse-croûte du deuxième étage pour acheter un muffin. De l'autre côté du comptoir, au fond de la cuisine, la gentille préposée, une femme début cinquantaine, petite et grassouillette, me tourne le dos. Elle ne m'a pas entendu entrer. Elle se tient un peu penchée devant un étal en inox, appuyée sur ses bras tendus de part et d'autre, les mains à plat sur la surface métallique. Un panini en cours de préparation repose devant elle au milieu de tranches de charcuterie. Elle ne bouge pas.

Elle porte l'uniforme d'un quelconque service de traiteur, un polo marine informe avec des pantalons élimés, et ses cheveux ramassés dans une résille industrielle forment un amas sombre qui lui cache la nuque. Ses épaules remontées lui arrondissent le dos; ses omoplates poussées l'une contre l'autre font saillir un vague repli de chair au milieu. Sa tête est inclinée vers l'avant comme celle d'un christ en croix. Je crois qu'elle pleure, je ne suis pas sûr.

Commentaires1 commentaire

Le poids du monde

Mardi 7 août 2007 à 20:20 | Et ce n'est pas tout

Dans le hall, une femme attend l'ascenseur à côté de moi. Mi-quarantaine, mince, sophistiquée, très élégante dans son tailleur ivoire. Elle porte des boucles d'oreilles et un collier de perles, des talons hauts et un sac en cuir fin parfaitement coordonnés. Son maquillage et sa coiffure sont impeccables. Dos droit, tête haute. De profil, elle ressemble à Nicole Kidman. En entrant dans l'ascenseur, elle retire ses lunettes de soleil Dolce & Gabbana et appuie sur le bouton du sixième.

Puis elle ferme les yeux, baisse la tête et pousse une sorte de long soupir silencieux. Un soupir profond, appuyé, comme si elle luttait contre un sanglot. Pendant deux secondes, elle a l'air si oppressée que je crains qu'elle ne s'évanouisse. Pris de court, je retiens mon souffle, immobile.

Un instant plus tard, lorsque je sors de l'ascenseur, elle est redevenue une actrice célèbre.

Commentaires3 commentaires

« En petits morceaux » est un projet Takefu qui sent le bambou. Certains droits sont réservés.