Quand j’étais petite, ma mère me couchait toujours sur le ventre. C’était alors la position de sommeil la plus recommandée par les médecins pour les bébés. Ma mère était bien placée pour le savoir, ayant elle-même fait ses études à la faculté de médecine de l’UdM et travaillant, au moment de ma naissance, auprès des enfants à l’hôpital Laval.
Depuis que ma fille est née, je vis dans une inquiétude constante. Jamais je n’ai l’esprit en paix, quoi qu’il advienne. J’ai pourtant la chance d’avoir un bébé en pleine santé.
Au moment où j’écris ces lignes, ma petite sœur vit son premier accouchement, que je lui souhaite sans complications. Je suis donc sur le point de devenir la tante d’un petit garçon! J’attends avec une impatience dévorante que le téléphone sonne.
Jamais nous n’aurions cru que ce serait si difficile. Nous y avons réfléchi des semaines, puis des mois, sans succès.
Pour une fille, nous avons trouvé tout de suite, remarquez. Il y a tant de jolis prénoms! Mais pour un garçon, ce fut autre chose. Nous en avons discuté longuement, couché sans conviction quelques idées sur papier, consulté famille et amis, et courageusement passé en revue le vieux Livre des prénoms de ma mère, l’interminable liste informatisée des prénoms donnés l’an dernier en France et au Québec, la Bible, Shakespeare, les écrits antiques, médiévaux et classiques de notre bibliothèque… Rien à faire. L'inspiration pour un garçon nous a, malgré tous ces efforts, cruellement fait défaut.
Heureusement, il n'y a plus à en débattre.
À notre grande joie, nous avons appris cette semaine que nous attendons une fille!!!
Vous aurez sans doute remarqué que mon silence s’étire plus que de coutume, ces derniers temps. Ce ne sont pourtant pas les envies d’écrire et les idées qui manquent! Mais il se trouve tout bonnement que, moi qui ne suis pas dormeuse, je passe dorénavant la majeure partie de ma vie à roupiller.
Loin de moi l’idée de me plaindre : certains trouveraient peut-être là matière à rancune, et je suis tout de même, je dois le dire, bien consciente de la chance que j’ai.
Un projet Takefu qui grouille et qui grenouille.