Anne-Marie, takéfactrice

Réconciliation

mardi 17 mai 2005 à 17:39 | De choses et d'autres | Permalien

Lors de ce voyage en Alberta dont je narre les premiers instants dans mon précédent billet, j’ai eu l’occasion de visiter le Royal Tyrell Museum, à Drumheller. Haut lieu de la paléontologie, il recèle la plus extraordinaire collection de fossiles et de squelettes de dinosaures que j’ai pu admirer jusqu’ici.

Le Royal Tyrell Museum est jouxté de ce qui me semblait alors être une grande carrière sableuse et rocheuse (les Badlands), d’où ont été extraits, il y a belle lurette, nombre des ossements qu’il est possible d’admirer à l’intérieur. Je me souviens assez bien du musée lui-même et des différentes expositions qui s’y trouvaient, car je l’ai visité avec grand plaisir et intérêt. Mais, étrangement, ce sont des Badlands dont je me rappelle le mieux, aujourd’hui. Cela tient sans doute au fait que j’étais alors une petite fille et qu’il s’y trouvait de nombreuses statues de dinosaures grandeur nature. Impressionnés par leur taille, mes cousins et moi courions d’une statue à l’autre et nous amusions à les escalader. C’était à qui grimperait le plus haut.

Brontosaure

Dans mon souvenir, les Badlands formaient ici et là d’immenses cavités, qui me semblaient (à tort) comparables d'aspect à celles des mines d’amiante de Thetford Mines. Toutes les statues de dinosaures se trouvaient au fond, au pied de grandes pentes brunes et grises.

Stegosaure

Et sur un haut sommet se trouvait (et se trouve peut-être encore) une autre statue, différente, complètement isolée des autres, plus imposante encore que celles des dinosaures.

Eh oui...

Dominant les Badlands, souriant paisiblement, vêtu d’une robe blanche et d’une tunique jaune, Jésus-Christ ouvrait largement les bras, englobant tous les dinosaures dans une lointaine et magnanime étreinte.

À l’époque, la vision de cette statue m’avait certes intriguée, mais je ne m’y étais pas beaucoup attardée. Aujourd’hui, il m'apparaît que la présence en ces lieux d’un Jésus occupé à reconnaître gentiment les dinosaures comme ses créatures ne pouvait être motivée que par le désir de calmer quelque peu les ressentiments des créationnistes.

En effet, il y a fort à parier qu’un tel musée, retraçant les origines scientifiques de la planète et de la vie, et démontrant on ne peut plus efficacement le bien-fondé des théories de Darwin, compte plusieurs ennemis acharnés.

Jésus

Commentaires

Vos commentaires sont toujours les bienvenus!

Hugo, le mardi 17 mai 2005 à 20:40 :

J'imagine très bien deux douzaines de jesus-freaks albertains grimper de nuit au sommet du monticule, au péril de leur vie, tenant Jésus à bout de bras. Je les vois couler un socle de ciment à la lueur d'un vieux fanal, hisser l'énorme statue dessus avec des câbles de nylon qui piquent les mains, en chuchotant des ho-hisse crispés entre leurs dents, et déguerpir comme des voleurs aux premières lueurs de l'aube après s'être assurés que le ciment soit assez pris pour que ça ne sacre pas le camp par terre.

Marie, le mercredi 18 mai 2005 à 10:06 :

Anne-Marie: n'arrête jamais au grand jamais au Madrid. Tu seras extrêmement déçue par les dinosaures minuscules que l'on y trouve.

Ils sont minuscules à côté des bigfoot, semblant nous livrer un étrange message sur l'évolution des espèces: Mais pourquoi sommes-nous disparus alors que ces abrutis d'humains semblent si peu évolués avec leurs jouets géants?

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