J’ai appris avec stupeur en lisant La Presse, hier, que les jeunes Américaines, pour conserver une belle silhouette athlétique, sont nombreuses à consommer des stéroïdes anabolisants, et ce, parfois dès l’âge de neuf ans. Plusieurs d’entre elles le font pour performer davantage dans les cours d’éducation physique et sur les terrains de sport, mais la majorité y ont recours afin de perdre du poids, afin de transformer leur masse adipeuse en muscles.
Il existe apparemment plusieurs façons de consommer des stéroïdes anabolisants : sous forme de pilules ou d’injections, ou encore par l’application de crèmes à la testostérone. Un important marché noir destiné aux adolescentes se serait développé dans les écoles, dans les clubs de sport et sur Internet, et le phénomène serait en pleine expansion.
Les jeunes filles qui utilisent les stéroïdes anabolisants pour des fins esthétiques sont souvent les mêmes qui présentent par ailleurs des troubles du comportement alimentaire. Selon le docteur Linn Goldberg, directrice du service de médecine des sports de l’Université de la santé et de la science de l’Oregon, les deux tiers des jeunes filles qui prennent des anabolisants ont déjà tenté d’autres méthodes d’amaigrissement comme la privation de nourriture, l’abus de diurétiques, d’amphétamines et de laxatifs.
Évidemment, la prise d’anabolisants pour une jeune fille en pleine croissance n’est pas sans risque. La prise d’hormones mâles à cet âge délicat peut entraîner un acné sévère, des seins plus petits, voire absents, une voix plus grave, des règles irrégulières, une importante pilosité (y compris au visage), une dépression, des crises de paranoïa et d’importants accès de colère. S’y ajoutent des effets secondaires courants (indépendants de l’âge) comme le développement probable de maladies cardiaques et d’un cancer du foie, et un risque accru de contracter le sida.
Je trouve triste et déplorable qu’autant de jeunes filles et de femmes trouvent nécessaire de modifier leur corps pour s’aimer, alors que la beauté peut prendre tant de formes. Il est décidément plus que temps de diversifier nos modèles.
Un projet Takefu qui grouille et qui grenouille.