Une fois de plus, je déblogue... Et c'est pour de bon, cette fois. Je n'ai tout simplement plus le temps d'écrire.
Une gros merci à ceux et celles qui m'ont lue.
Là, je vous préviens, je vais être méchante (un peu). C’est qu’il y en a marre. C’est toujours la même histoire, depuis des années, presque chaque fois que je mets les pieds de jour dans une pharmacie ou une épicerie. Je veux bien sûr parler de mes mésaventures avec les petits vieux qui ne portent pas leurs lunettes.
Mercredi après-midi. J’étais occupée à changer ma fille de couche quand elle s’est subitement mise à vomir en jet. Saisie, j’ai abandonné ses fesses pour m’emparer de sa tête et la tourner sur le côté. Un deuxième jet a alors suivi le premier. C’était impressionnant et complètement nouveau pour moi. Profondément bouleversée mais calme et souriante en apparence, je me suis affairée à apaiser, rassurer, laver et changer ma pauvre petite chouette, puis à nettoyer le plancher et la table à langer. Ensuite seulement ai-je téléphoné à Info-Santé. On m’y a conseillé de me rendre à l’Urgence le plus vite possible. Eh merde.
Il y a maintenant près de deux mois que mon homme et moi avons emménagé dans notre nouvelle (et première) maison. Depuis notre arrivée, je fais chaque jour une longue promenade avec ma fille, qui en profite pour faire son seul vrai dodo de la journée. Soucieuse d’éviter la monotonie, je prends soin de varier l’itinéraire et je vais au hasard des rues. C’est ainsi que je découvre Charlesbourg, que je me familiarise avec notre nouveau quartier.
Quand j’étais petite, ma mère me couchait toujours sur le ventre. C’était alors la position de sommeil la plus recommandée par les médecins pour les bébés. Ma mère était bien placée pour le savoir, ayant elle-même fait ses études à la faculté de médecine de l’UdM et travaillant, au moment de ma naissance, auprès des enfants à l’hôpital Laval.
Depuis que ma fille est née, je vis dans une inquiétude constante. Jamais je n’ai l’esprit en paix, quoi qu’il advienne. J’ai pourtant la chance d’avoir un bébé en pleine santé.
Au moment où j’écris ces lignes, ma petite sœur vit son premier accouchement, que je lui souhaite sans complications. Je suis donc sur le point de devenir la tante d’un petit garçon! J’attends avec une impatience dévorante que le téléphone sonne.
Jamais nous n’aurions cru que ce serait si difficile. Nous y avons réfléchi des semaines, puis des mois, sans succès.
Pour une fille, nous avons trouvé tout de suite, remarquez. Il y a tant de jolis prénoms! Mais pour un garçon, ce fut autre chose. Nous en avons discuté longuement, couché sans conviction quelques idées sur papier, consulté famille et amis, et courageusement passé en revue le vieux Livre des prénoms de ma mère, l’interminable liste informatisée des prénoms donnés l’an dernier en France et au Québec, la Bible, Shakespeare, les écrits antiques, médiévaux et classiques de notre bibliothèque… Rien à faire. L'inspiration pour un garçon nous a, malgré tous ces efforts, cruellement fait défaut.
Heureusement, il n'y a plus à en débattre.
À notre grande joie, nous avons appris cette semaine que nous attendons une fille!!!
Au cours de ces dernières semaines où l’énergie m’a tant fait défaut, j’ai souvent eu une pensée pour ces femmes d’autrefois qui enchaînaient grossesse après grossesse. Après quelques années d’épreuve continue, elles recevaient bien sûr l’aide de leurs filles aînées (si elles avaient eu la chance d’avoir d'abord des filles) pour entretenir la maison et s’occuper des plus jeunes pendant leurs grossesses, mais reconnaissons-le, leur vie de mère au foyer relevait quotidiennement de l’exploit.
Avez-vous déjà entendu parler du phénomène des avortements sélectifs, en Inde?
Vous aurez sans doute remarqué que mon silence s’étire plus que de coutume, ces derniers temps. Ce ne sont pourtant pas les envies d’écrire et les idées qui manquent! Mais il se trouve tout bonnement que, moi qui ne suis pas dormeuse, je passe dorénavant la majeure partie de ma vie à roupiller.
Loin de moi l’idée de me plaindre : certains trouveraient peut-être là matière à rancune, et je suis tout de même, je dois le dire, bien consciente de la chance que j’ai.
Je me souviens des grands vertiges qui me prenaient quand, enfant et adolescente, je m’essayais à visualiser l’infini de l’univers, allongée sur mon lit dans le noir. Je me souviens que je croyais presque y parvenir. Le lit cessait d’exister. Le plancher sous moi ne me soutenait plus réellement, ce n’était pas même un plancher, mon matelas n’était pas un matelas. Je n’avais ni la tête en haut ni la tête en bas, la planète était minuscule, dérisoire, et moi, je n’étais qu’une poussière microscopique perdue, flottant avec le reste, si seulement on pouvait appeler cela flotter.
J’aimais ce mélange étourdissant de peur et d’émerveillement qui déferlait alors sur moi. Je souriais au plafond, le cœur battant, simplement heureuse d’être là.
Au moment de mon entrée au cégep, je nourrissais l’ambition de devenir comédienne. Fascinée par la scène, encouragée par de belles expériences et de beaux succès accumulés sur les planches de mon école secondaire, je me croyais promise à un brillant avenir dans le monde du théâtre.
Un projet Takefu qui grouille et qui grenouille.